Si vous dirigez une TPE, une micro-entreprise ou que vous êtes auto-entrepreneur, vous avez probablement entendu parler de la facturation électronique obligatoire sans savoir ce que vous devez faire, ni quand. La confusion est normale : la réforme a été reportée plusieurs fois depuis 2024, et la plupart des articles mélangent deux obligations très différentes.
LE CALENDRIER RÉEL, PAR TAILLE D'ENTREPRISE
La réforme se déploie en deux vagues. La première impose la réception à tout le monde en même temps ; la seconde étale l'émission selon la taille de la structure.
| Votre profil | Recevoir | Émettre | E-reporting |
|---|---|---|---|
| Grande entreprise (> 5 000 salariés) | sept. 2026 | sept. 2026 | sept. 2026 |
| ETI (250 à 4 999 salariés) | sept. 2026 | sept. 2026 | sept. 2026 |
| PME (10 à 249 salariés) | sept. 2026 | sept. 2027 | sept. 2027 |
| TPE, micro-entreprise, auto-entrepreneur | sept. 2026 | sept. 2027 | sept. 2027 |
La réforme concerne toutes les entreprises établies en France qui entrent dans le champ de la TVA, y compris celles en franchise en base au titre de l'article 293 B du CGI. Autrement dit : le fait de ne pas facturer de TVA ne vous exonère pas. Restent hors champ les particuliers, les associations non fiscalisées et quelques secteurs spécifiques (santé, enseignement, opérations bancaires et d'assurance).
Un point d'honnêteté : ce calendrier a déjà bougé plusieurs fois — l'échéance initiale était le 1er juillet 2024. Le calendrier actuel est stabilisé et aucune modification n'est annoncée, mais un décret pourrait encore décaler l'entrée en vigueur d'un trimestre. Ce n'est pas une raison pour attendre : les entreprises qui se préparent tard paient plus cher.
CE QUE « RECEVOIR » SIGNIFIE CONCRÈTEMENT
C'est le point le plus mal compris de la réforme. « Être capable de recevoir » ne veut pas dire « avoir une adresse e-mail ». À partir de septembre 2026, vos fournisseurs relevant de la première vague — grandes entreprises et ETI, donc vos assureurs, opérateurs télécom, fournisseurs d'énergie, grossistes, loueurs de matériel — n'auront plus le droit de vous envoyer un PDF par mail. Ils déposeront leurs factures sur une plateforme, et cette plateforme devra savoir où vous les livrer.
Concrètement, vous devez avoir trois choses en place :
- Un compte sur une plateforme habilitée, déclaré dans l'annuaire officiel avec votre SIREN
- Un endroit où les factures reçues arrivent, sont lisibles et archivées
- Un circuit interne de validation et de mise en paiement, même minimal
Si vous n'avez rien fait au 1er septembre 2026, le risque n'est pas une amende immédiate : c'est de ne plus recevoir certaines factures fournisseurs, donc de ne plus pouvoir déduire la TVA correspondante ni justifier vos charges. Le coût réel est comptable, pas pénal.
PLATEFORME AGRÉÉE (PA) OU PORTAIL PUBLIC (PPF) ?
Deux canaux coexistent, et la terminologie a changé en cours de route — ce qui explique une bonne partie de la confusion en ligne.
La Plateforme Agréée (PA), anciennement PDP
Opérateur privé immatriculé par la DGFiP. Elle reçoit, contrôle, convertit et transmet vos factures, et remonte les données fiscales à l'administration. Plus d'une centaine de plateformes sont déjà immatriculées, avec des tarifs qui vont de la gratuité à une centaine d'euros par mois. Si vous cherchez le terme « PDP », sachez que l'appellation officielle est désormais « plateforme agréée » : c'est la même chose.
Le Portail Public de Facturation (PPF)
Opéré par l'État et adossé à Chorus Pro, le portail déjà utilisé pour facturer le secteur public depuis 2020. Son périmètre a été recentré au fil de la réforme : il assure principalement l'annuaire et la concentration des données, et ne remplace pas une solution de facturation complète.
Pour une TPE, la question n'est donc pas vraiment « PA ou PPF » mais : mon logiciel de gestion sait-il se connecter à une plateforme agréée ? Si oui, le sujet est réglé sans que vous ayez à manipuler quoi que ce soit de technique.
LES TROIS FORMATS À CONNAÎTRE
Une facture électronique au sens de la réforme n'est pas un PDF. C'est un fichier structuré, lisible par une machine. Trois formats sont admis dans le socle français :
- Factur-X — un PDF lisible à l'œil avec les données structurées embarquées dedans. Le plus confortable pour une petite structure, parce qu'un humain peut toujours l'ouvrir normalement.
- UBL 2.1 — format XML, standard international, celui qu'utilise déjà Chorus Pro.
- CII — format XML également, plutôt répandu dans l'industrie et les grands comptes.
Vous n'avez pas à choisir : c'est votre logiciel qui produit le format attendu. Le seul critère qui vous concerne, c'est qu'il en produise au moins un des trois, dès aujourd'hui.
VOTRE CHECKLIST EN 5 ÉTAPES
1. Identifiez votre échéance réelle
TPE ou PME : réception en septembre 2026, émission en septembre 2027. Ne vous laissez pas mettre la pression sur l'émission par un commercial pressé de vous vendre une solution.
2. Vérifiez ce que fait déjà votre outil actuel
Beaucoup de logiciels de devis et de facturation ont ajouté Factur-X ou UBL sans le mettre en avant. Posez la question à votre éditeur par écrit, et demandez si le raccordement à une plateforme agréée est inclus ou facturé en plus.
3. Faites le tri dans vos fournisseurs
Listez ceux qui sont des grandes entreprises ou des ETI : ce sont eux qui basculeront dès septembre 2026 et qui déclencheront votre besoin de réception. Pour vos petits fournisseurs locaux, rien ne change avant 2027.
4. Choisissez votre canal de réception avant l'été
Les plateformes vont connaître un afflux de demandes à l'approche de l'échéance. S'inscrire six mois avant coûte le même prix et vous laisse le temps de tester.
5. Anticipez l'émission même si elle n'est pas due
Faire les deux d'un coup évite de repayer une migration en 2027. Si votre logiciel génère déjà des factures conformes, autant les émettre dans le bon format dès maintenant : vos clients grands comptes vous le demanderont de toute façon.
COMBIEN ÇA COÛTE RÉELLEMENT
Les offres du marché s'étalent de la gratuité à une centaine d'euros mensuels. Pour une TPE qui émet moins d'une trentaine de factures par mois, il n'y a aucune raison de dépasser quelques euros par utilisateur et par mois — surtout si la fonction est intégrée à un outil que vous utilisez déjà pour vos devis et vos clients. Méfiez-vous des offres facturées à la facture transmise : le coût disparaît dans la démonstration et réapparaît sur l'année.
OÙ MYSIMPLECRM SE SITUE
MySimpleCRM génère déjà des factures au format UBL 2.1 compatible Chorus Pro, avec numérotation séquentielle, gestion de la TVA, mentions légales obligatoires et exports comptables (FEC, CSV, Sage, EBP). Le raccordement aux plateformes agréées est en cours de déploiement pour couvrir l'obligation de réception de septembre 2026.
L'intérêt d'avoir la facturation dans le même outil que vos clients et vos devis, c'est qu'une facture n'est plus une ressaisie : elle découle du devis accepté, et l'historique reste attaché à la fiche du client. Le module Facturation est proposé en option à 7,5 € par utilisateur et par mois, ou inclus dans les packs Gestion, Full Gestion et Full Logiciel — le détail est sur la page tarifs.
Si vous n'avez pas encore de CRM du tout, commencez par là : notre guide quel CRM choisir pour une TPE française détaille les critères à regarder avant de vous engager.
QUESTIONS FRÉQUENTES
La facturation électronique est-elle obligatoire pour les TPE en 2026 ?
Les auto-entrepreneurs en franchise de TVA sont-ils concernés ?
Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?
Quelle différence entre PDP et plateforme agréée ?
Que se passe-t-il si je ne suis pas prêt en septembre 2026 ?
Le calendrier peut-il encore être reporté ?
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