Le 12 octobre 2026, la Banque de France met en ligne son enquête mensuelle de conjoncture, réalisée auprès de 8 500 dirigeants d'entreprise. Elle intervient dans un contexte marqué par plusieurs publications officielles récentes : l'estimation provisoire de l'INSEE sur l'inflation de septembre (30 septembre), le tableau de bord conjoncturel de l'INSEE (mis à jour le 30 septembre pour les prix et le 28 août pour la croissance) et la Stat Info de la Banque de France sur les défaillances (9 octobre pour les données d'août 2026). Ensemble, ces sources dressent un tableau cohérent de la situation économique à la mi-automne 2026.

Pour un dirigeant de TPE ou de PME, ces indicateurs ne sont pas des abstractions : ils conditionnent l'accès au crédit, le niveau des charges d'énergie, la solidité des clients et fournisseurs avec lesquels vous travaillez. Tour d'horizon des chiffres clés et de ce qu'ils signifient concrètement.

L'essentiel : La croissance française est à l'arrêt au deuxième trimestre 2026 (0,0 %, selon les comptes définitifs INSEE du 28 août 2026). L'inflation a bondi à 3,0 % sur un an en septembre, portée par l'énergie (+21,2 %). Les défaillances d'entreprises atteignent 70 766 sur douze mois glissants à fin août 2026 (Banque de France, Stat Info du 9 octobre 2026), un niveau très élevé. Dans sa note de conjoncture du 10 septembre 2026, l'INSEE a abaissé sa prévision de croissance annuelle à 0,4 % et qualifié la situation de « vigilance orange ».

UNE CROISSANCE À L'ARRÊT AU DEUXIÈME TRIMESTRE 2026

Le PIB français a progressé de 0,0 % au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,2 % au premier trimestre, selon les comptes nationaux trimestriels définitifs publiés par l'INSEE le 28 août 2026. C'est la définition d'une stagnation : l'économie ne recule pas, mais elle n'avance pas non plus.

Dans sa note de conjoncture publiée le 10 septembre 2026 et intitulée « Vigilance orange sur la croissance », l'INSEE a abaissé sa prévision de croissance annuelle à 0,4 % pour l'ensemble de 2026, contre 0,7 % prévu en juin. L'institution anticipe une inflation (IPC) de 2,1 % en moyenne sur l'ensemble de l'année 2026, avec un regain sensible en fin d'année lié à l'énergie. La Banque de France, de son côté, table sur une inflation IPCH (indice harmonisé européen) de l'ordre de 2,3 % en moyenne en 2026 selon ses projections macroéconomiques de septembre 2026.

Une stagnation du PIB ne signifie pas que tous les secteurs sont logés à la même enseigne. La note de conjoncture INSEE du 10 septembre 2026 pointe notamment l'impact des vagues de chaleur sur l'agriculture, estimé à -0,1 point de croissance sur l'année, ainsi qu'un retournement de l'activité dans les travaux publics.

Pour votre entreprise, une croissance nulle signifie souvent une demande qui piétine. La faiblesse de la demande est régulièrement citée comme premier frein à l'activité dans les enquêtes de conjoncture auprès des dirigeants de petites entreprises.

INFLATION : LE CHOC ÉNERGÉTIQUE REVIENT

Selon l'estimation provisoire de l'INSEE publiée le 30 septembre 2026, l'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 3,0 % sur un an en septembre 2026, contre 2,4 % en août. C'est le niveau le plus élevé depuis plusieurs trimestres. Le moteur principal est l'énergie, en hausse de 21,2 % sur un an, tirée par les produits pétroliers et le gaz.

L'inflation dite « sous-jacente », c'est-à-dire hors énergie et produits frais, reste bien plus modérée. Elle s'établissait à 1,1 % en août 2026. Ce clivage est important : il indique que la hausse des prix ne provient pas d'une surchauffe généralisée de l'économie, mais d'un choc externe sur les coûts d'approvisionnement énergétique.

Poste Glissement annuel septembre 2026 (p)
Ensemble IPC +3,0 %
Énergie +21,2 %
Produits frais +9,9 %
Alimentation (hors frais) +0,4 %
Produits manufacturés −0,3 %
Services +2,2 %

Source : INSEE, Informations rapides n° 242, 30 septembre 2026. Résultats provisoires. Les résultats définitifs pour septembre seront publiés par l'INSEE le 15 octobre 2026.

Si vous avez des contrats à tarif fixe d'électricité ou de gaz arrivant à renouvellement cet automne, comparez les offres avant de signer. La hausse de 21,2 % des prix de l'énergie sur un an peut peser fortement sur vos charges fixes.

DÉFAILLANCES : AU-DESSUS DE 70 000 SUR DOUZE MOIS

La Banque de France comptabilise 70 766 défaillances d'entreprises en cumul sur douze mois glissants à fin août 2026, selon sa Stat Info publiée le 9 octobre 2026. Ce chiffre est quasi stable par rapport à fin juillet (70 692 après révision), ce qui confirme un plateau à un niveau très élevé. Le chiffre de fin juillet, publié le 4 septembre, était de 70 605 (avant révision).

Dans son Bulletin n° 265 (juillet-août 2026, publié le 10 juillet 2026), la Banque de France souligne que, pour les PME, ETI et grandes entreprises, le surplus de défaillances constaté depuis 2023 dépasse désormais le déficit enregistré pendant la période Covid. Autrement dit : l'effet de rattrapage post-pandémie n'explique plus les niveaux observés pour ces catégories d'entreprises. Les entreprises concernées présentent des fragilités financières plus marquées et des difficultés à maintenir leur activité.

Qui est le plus exposé ?

Ces chiffres ont un effet direct sur votre carnet de commandes : un client ou un fournisseur en difficulté peut mettre votre propre trésorerie sous tension, notamment via des retards de paiement ou une commande annulée sans préavis.

TRÉSORERIE ET DEMANDE : LA RÉALITÉ DES TPE ET PME

Plusieurs indicateurs officiels convergent pour décrire une situation difficile pour les petites entreprises. Le pouvoir d'achat des ménages a reculé de 0,6 % par unité de consommation au deuxième trimestre 2026 (INSEE, 28 août 2026), ce qui pèse directement sur la demande adressée aux commerces et aux prestataires de proximité.

La note de conjoncture INSEE de septembre 2026 anticipe par ailleurs un chômage en hausse et des salaires peu dynamiques, ce qui n'est pas de nature à stimuler la consommation en fin d'année. Le coût du crédit reste une contrainte supplémentaire pour les entreprises qui cherchent à financer leur activité ou leurs investissements.

Si vous avez contracté un Prêt garanti par l'État (PGE) pendant la crise sanitaire, vérifiez l'échéance de remboursement. Rapprochez-vous de votre banque dès maintenant si vous anticipez une difficulté : les solutions de rééchelonnement sont plus accessibles avant que les retards ne s'accumulent.

CE QUE REGARDER DANS LES PROCHAINS JOURS

Plusieurs publications sont attendues dans les jours qui suivent et peuvent modifier le diagnostic :

Ces publications sont gratuites et accessibles directement sur le tableau de bord de la conjoncture de l'INSEE et sur le site de la Banque de France. Elles vous permettent de suivre l'évolution de votre environnement économique sans attendre qu'un expert vous l'annonce.

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE DÈS MAINTENANT

QUESTIONS FRÉQUENTES

Qu'est-ce qu'une défaillance d'entreprise au sens de la Banque de France ?
Une défaillance correspond à l'ouverture d'une procédure collective devant le tribunal : sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe. Elle est prononcée par le juge lorsque l'entreprise est en cessation de paiements ou demande à bénéficier d'une protection. La Banque de France publie chaque mois le cumul des défaillances sur les douze derniers mois glissants, ce qui lisse les effets saisonniers.
La hausse des défaillances me concerne-t-elle si mon entreprise est en bonne santé ?
Oui, indirectement. Un nombre élevé de défaillances augmente le risque qu'un de vos clients ou fournisseurs dépose le bilan, ce qui peut bloquer des paiements que vous attendez ou interrompre des livraisons. Vérifier régulièrement la situation de vos principaux partenaires commerciaux (via le Kbis, les dépôts de comptes ou les outils de la Banque de France) est une précaution utile.
L'inflation à 3 % en septembre 2026 va-t-elle durer ?
L'estimation provisoire de l'INSEE du 30 septembre 2026 situe l'inflation à 3,0 % sur un an, tirée principalement par l'énergie (+21,2 %). L'inflation sous-jacente (hors énergie et produits frais) reste bien plus faible, à 1,1 % en août. L'INSEE table sur une inflation moyenne 2026 de 2,1 % (note de conjoncture du 10 septembre 2026). Le chiffre définitif de septembre sera publié le 15 octobre 2026.
Le PIB à 0,0 % signifie-t-il que la France est en récession ?
Non. Une récession est conventionnellement définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB. Au deuxième trimestre 2026, le PIB est stable (0,0 %) selon les comptes définitifs INSEE du 28 août 2026, après -0,2 % au premier trimestre. Il n'y a donc pas de récession au sens technique, mais la croissance est très faible et l'INSEE signale une « vigilance orange » dans sa note de conjoncture du 10 septembre 2026.
Où trouver les chiffres officiels sur les défaillances d'entreprises ?
La Banque de France publie chaque mois une Stat Info « Défaillances d'entreprises » sur son site banque-france.fr, avec le cumul douze mois glissants et une ventilation par taille et par secteur. L'INSEE relaie ces données sur son propre site dans la rubrique « Défaillances d'entreprises ». Ces publications sont gratuites et accessibles à tous.

SOURCES

  1. En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an — Informations rapides n° 242 INSEE · 30 septembre 2026
  2. Tableau de bord de la conjoncture INSEE · 30 septembre 2026
  3. Vigilance orange sur la croissance — Note de conjoncture septembre 2026 INSEE · 10 septembre 2026
  4. Défaillances d'entreprises — Stat Info août 2026 (données fin août 2026) Banque de France · 9 octobre 2026
  5. Défaillances d'entreprises : les dynamiques à l'œuvre au terme de six années atypiques — Bulletin n° 265, juillet-août 2026 Banque de France · 10 juillet 2026
  6. Enquête mensuelle de conjoncture — début octobre 2026 Banque de France · 12 octobre 2026

Article de veille préparé avec l'aide d'un outil d'intelligence artificielle à partir des sources citées, puis vérifié contre ces sources. Informations à jour au 12 octobre 2026. Il ne remplace pas l'avis de votre expert-comptable ou de votre conseil juridique pour une situation particulière.

ESSAYEZ MYSIMPLECRM

CRM français, hébergé en France et conforme RGPD. Socle gratuit à vie, sans carte bancaire. Prise en main en moins de cinq minutes.

Démarrer gratuitement →